ARRÊTS
Un arrêt parmi d'autres en Amérique du Sud

Colombie, Bogota, les chutes du Tequendama hautes de 157m qui déversent en fureur les eaux nées de la Magdalena. Parmi les lectures, "David Copperfield " et "Oliver Twist" de Charles Dickens et "Les lettres de mon Moulin", d'Alphonse Daudet. Cela donne un chant des cigales accompagnées du "tiple" colombien et le parfum des lavandes des Alpilles mélangées à celui des eucalyptus. Les héros de Dickens s'en sortent mieux à Londres que beaucoup de gamins pauvres de Bogota. Gabriel Garcia Marquez n'a pas encore écrit "Cent ans de solitude."





 

Un autre en Afrique de l'Ouest
Haute Volta, pas encore Burkina Faso. Ouagadougou, pas un seul feu rouge alors dans la ville. Peau blanche, peau noire, couleurs dont on apprend les différences. Ingurgiter des ouvrages, comme pour se désaltérer. Une vague de "L' Enfant de la Haute Mer", de J Supervielle emporte loin des baobabs et des marigots asséchés. Plus tard, Côte d'Ivoire, découverte de l'art africain ancien -dit alors "primitif"- de ses réseaux secrets, de la difficulté d'apprendre à reconnaître des cultures, des époques. Il faut beaucoup de patience avant d'arriver à ressentir le dynamisme d'une œuvre, mais elle ouvre sur celui d'un pays et de ses habitants.

 

Puis en Amérique du Nord
États-Unis. Montana. Les grands espaces. Apprentissage des cultures autochtones, avec les Crows, les Cheyennes et les Blackfeet de la région. Découverte de la photographie ancienne qui raconte la rencontre des Amérindiens et des Blancs et exalte la beauté des paysages. Les photos en disent parfois plus long que des textes. Elles étaient encore accessibles dans cet État, comme si ces témoignages du passé n'appartenaient pas encore au passé. J'en ai acquis, avec le sentiment de les recueillir et me suis laissée porter par leurs histoires pour rédiger des livres, organiser des expositions.



 

Entre le 48e et le 49e parallèle
Canada. Abitibi. Rencontre avec un homme extraordinaire escorté par des étoiles, Michel Pageau, qui me choisit pour être sa biographe. Le livre sort en librairie en novembre 2008. Le titre : "Michel Pageau Trappeur. J'ai entendu pleurer la forêt", préface de Hubert Reeves, édition du Seuil.